Les Monde.s Multiple.s repoussent leurs limites

 

EDITO DE YANNICK BEDIN

Maire-adjoint de Bourges, délégué à la culture

 

Bourges est heureuse de soutenir et d’accueillir ces premières Rencontres Internationales Monde.s Multiple.s, qui succèdent aux Rencontres de Bandits-Mages, que notre ville a eu la chance de voir grandir.  Quoi de plus stimulant que la recherche en matière artistique, l’hybridation des formes et des expressions, les liens qui se nouent entre institutions et collectifs artistiques, enseignement supérieur artistique et scientifique ! Ce sont tous ces mondes qui ont rendez-vous à Bourges en novembre avec la participation d’artistes défricheurs d’écritures sonores et visuelles.

 

Bourges entre, ce mois-ci, en résonance avec l’Europe et le monde. Candidate pour devenir en 2028 Capitale européenne de la culture, c’est donc tout naturellement que nous avons répondu « présents » pour ces Rencontres Internationales Monde.s Multiple.s.

 

Cette première édition, au-delà du rendez-vous professionnel, d’artistes, vidéastes ou acteurs des cultures numériques, promettait d’investir notre ville de manière nouvelle avec une volonté affichée de rencontres inédites avec les Berruyers. Parce que nous encourageons le partage d’expériences le plus largement possible avec les habitants, nous devions permettre à ceux qui le voulaient de pouvoir participer, grâce à un camion garé au cœur de la cité, à la Fabrique cinématographique installée place Cujas. Mais voilà qu’à nouveau, la pandémie de Covid19 et les mesures sanitaires nous obligent à revoir ce qui était prévu.

 

La rencontre physique n’aura donc pas lieu. Nous nous tiendrons à nouveau à distance les uns des autres. Mais il y aura rencontres, – et c’est là une bonne nouvelle ! -, grâce à la ténacité et à la motivation de l’équipe qui prépare de longue date ce rendez-vous. Les Rencontres Internationales Monde.s Multiple.s vont repousser les limites de la ville en investissant le net puisqu’il n’est plus possible pour le moment de nous retrouver physiquement dans notre si belle et accueillante cité.

La situation que nous connaissons depuis des mois, oblige les artistes, les institutions et les collectifs à repenser les dispositifs existants. C’est une nécessité pour rester debout et vivant. Quand tout semble figé, contraint, comment continuer à créer, à partager, à construire ? Comment confronter réflexions et cheminements ? Le net peut-il remplacer le bouillonnement physique, le partage des émotions que l’on ressent à plusieurs devant l’instant artistique ? Le pari de l’équipe de ces rencontres internationales d’investir le net, peut aussi contribuer à réinventer l’outil au service de la création en ces temps curieux, au service des artistes, des chercheurs et des publics. Penser le recours au net comme un redéploiement de ce qui était prévu, plutôt que comme une solution de repli toujours un peu honteuse ou contrainte.

 

Le rendez-vous de cette mi-novembre nous interrogera certainement sur nos modes futurs de participation à la vie artistique en période de pandémie. C’est une question fondamentale tant l’absence de manifestations artistiques, la fermeture des cinémas, des théâtres, des expositions a pesé pour nombre d’entre nous au printemps dernier. Ce sera autre chose que du télétravail, n’en doutons pas. Une expérience de plus en somme qui en elle-même est stimulante.

 

Yannick Bedin

Maire-adjoint de Bourges,

délégué à la culture