OXYGEN BRAKE

 

 

DRUMS

Post diplôme art et création sonore

 

La respiration est l’expression native au vivant. Dans cette expérience collective, nous avons tenté de performer et documenter le son du souffle par l’application de techniques respiratoires. Quelques exercices relevant du Pranayama ont été appliqués collectivement tous les matins durant la semaine de résidence pour les Rencontres Mondes Multiples. Ainsi nous intégrions l’objet de recherche, qui est la respiration et le son qu’elle produit, aux processus accompagnant le temps de la création lors de la résidence. 

 

Dans un monde qui paraît être “hors-contrôle” nous entamions la recherche de l’instant présent dans le but d’aller à contre-courant des rythmes dans lesquels nous sommes empris.es à l’échelle économique et sociale. Les techniques respiratoires et leur matérialisation sonore renvoient à certains éléments du langage musical comme celui du rythme et de la cadence. La capacité d’exercer un contrôle sur cette cadence relève de la discipline de la respiration et représente un ”refus de respirer comme le commun des hommes, c’est-à-dire de manière arythmique”. (Mircea Eliade, Techniques du Yoga, Gallimard 1975 p.92) Il y a là un potentiel de dépasser la condition humaine et d’opposer son propre rythme à celui du monde qui nous entoure. 

 

Avec le libre accès à des savoir du « care » via des tutoriels mis en ligne sur la toile de l’internet, le champ de ces connaissances devient accessible à tout.es. D’un côté, la respiration devient ainsi de plus en plus une technologie ou un produit du et pour le bien-être et pour la santé dont les bienfaits sont exploités afin d’augmenter la performativité au service du Capital dans l’anthropocène. De l’autre côté, il fait sens aujourd’hui d’être à la recherche d’une émancipation du corps ainsi qu’à une réappropriation de l’attention et de l’écoute.

 

“Ce qui est sûr, c’est que la position du corps – immobile, hiératique- imite en tout cas une autre condition que la condition humaine : le yoga (…) peut-être homologué à une plante ou à une statue divine : en aucun cas il ne saurait être homologué à l’homme tout court, qui par définition est mobile, agité, arythmique. “ (Mircea Eliade, Techniques du Yoga, 1975 Gallimard)