Stanger to the trees

STRANGER TO THE TREES, Kat Austen résidence WRO (PL)

 

Stranger to the trees sur Markery, par Rob La Frenais
Stranger to the trees on Markery, by Rob La Frenais

 

 

 

Le projet multimédia Stranger to the Trees explore la coexistence des microplastiques et des puits de carbone que sont les arbres. Comment cohabitent les microplastiques avec les arbres dans les forêts qui piègent le CO2, à l’heure de la crise climatique ? Combinant vidéos, sculptures et sons interactifs, Stranger to the Trees s’interroge sur la réponse des écosystèmes forêts, à la présence omniprésente et irrévocable des microplastiques dispersés sur toute la planète.

Le plastique est incontestablement omniprésent au sein de ce que nous considérons comme notre environnement. On en trouve partout, même au-delà des confins des foyers de vie humaine, au fin fond de la fosse des Mariannes dans le Pacifique, dans la pluie, les nuages, l’atmosphère. Le plastique est certes une catastrophe pour l’équilibre d’un écosystème, mais la pollution plastique peut aussi agir comme un puits de carbone, piégeant du CO2 et du méthane, qui ne sont ainsi pas relâchés dans l’atmosphère. Mais cette fonction de puits de carbone du plastique, complémentaire ou faisant concurrence aux puits de carbone que sont les forêts, n’incarnent t-elles pas justement les procédés industriels qui génèrent la catastrophe écologique et climatique ? Par quels biais ces fonctions pourraient-elles se compléter ?

Ce projet s’appuie sur une recherche artistique du Dr Kat Austen (UK/DE) sur les microplastiques et la crise climatique. Kat Austen analyse et explore la coexistence des bouleaux et des microplastiques, en développant des méthodes de recherche DIY scientifiques et artistiques. Le bouleau est une espèce endémique invasive, qui pousse sur des terres altérées par l’activité humaine. Peu exigeant, il s’accommode aussi bien d’une exposition en plein soleil, que de basses températures. Ces caractéristiques en font donc une parfaite espèce pionnière dans la plastisphère. Cette recherche artistique s’appuie sur l’étude de forêts de bouleaux situées entre Berlin en Allemagne et Wroclaw en Pologne, et inclut microscopies et histologies d’échantillons d’arbres, enregistrements audio recueillis sur le terrain, et vidéos de forêts dans lesquelles microplastiques et arbres cohabitent, afin d’examiner les phénomènes d’intégration et de rejet qui s’opèrent entre les arbres et les micro-plastiques, tout en tenant constamment compte de la possibilité d’une complémentarité et d’une coexistence.
Stranger to the Trees constitue une forme artistique hybride basée sur la nouvelle matérialité des forêts, à l’heure de l’omniprésente pollution plastique d’origine anthropique.

 

Kat Austen

est un individu. Dans sa pratique artistique, elle se focalise sur les problématiques environnementales. Elle combine différentes pratiques et médias pour créer des installations médias sculpturales, des performances, et des œuvres collaboratives. Sa pratique s’appuie sur d’intenses recherches et théories, et vise à explorer des moyens pour faire advenir un avenir social et environnemental plus équitable.

Travaillant depuis son studio à Berlin, elle est actuellement en résidence au centre d’art WRO dans le cadre du programme EMAP/EMARE, artiste membre du IASS de Potsdam, et du ZeM à Brandenberg, artiste en résidence à la Faculté des sciences physiques et des mathématiques de l’UCL (Université Collège de Londres) et enseigne au sein du département des arts et des sciences de l’UCL. Elle est membre du bbk, membre fondateur du réseau London Creative Network, et co-fondatrice du collectif DIY berlinois Hack the Panke.

Les domaines de recherche de Kat Austen l’ont conduit à faire un voyage dans le Grand Nord Canadien, dans le cadre du projet Artist in the Arctic 2017 initié par Les Amis du Scott Polar Research Institute (Université de Cambridge), pour son projet The Matter of the Soul. En 2018, elle a été nommée membre des arts et des sciences au sein de l’institut culturel de l’université de Leeds, pour ce même projet. Elle a aussi été en résidence artistique à l’international, à l’Université de New-York de Shanghai, à Mumbai (ArtOxygen), au LAStheatre, au sein du Clipperton Project et de l’Utter! Spoken word entre autres.

Elle a notamment exposé à Londres (Bonhams Art Gallery), à Cambridge (The Polar Museum), à Berlin (Kuehlhaus), et ses œuvres font partie de collections privées dans le monde entier. Elle s’est notamment produite à l’Opera North, à Leeds; au Fusion Festival, de Berlin and et au Headlands Center for the Arts, à San Francisco.

 

Interview