WOMBS

WOMBS, Margherita Pevere

Wombs est une série d’interventions photographiques, de performance, et de bio-art.

2018 – 2019

 

WOMBS sur Makery, par Rob La Frenais

WOMBS on Makery, by Rob La Frenais

 

Ce projet intégrant le travail de thèse de doctorat de Margherita Pevere à l’université d’Aalto, à Helsinki, est soutenu par l’Agence Nationale pour l’Education en Finlande, et la fondation Kone.

 

« Notre matérialité fuyante s’immisce dans nos choix quotidiens via une multitude d’autres instances, vivantes et non-vivantes, humaines et non-humaines, au sein d’une vulnérabilité commune. La série Wombs explore sexualité et contraception hormonale à travers un prisme environnemental, au-delà de la seule perspective humaine.

 

Les corps ne sont pas étanches, ils sont instables, ils fuient. Ces fluides dans nos cellules nous relient à des eaux profondes et ancestrales, des molécules étant digérées, accumulées, secrétées au sein des flux de mucus, de transpiration, d’urine.     Notre matérialité fuyante s’immisce dans nos choix quotidiens via une multitude d’autres instances, vivantes et non-vivantes, humaines et non-humaines, au sein d’une vulnérabilité commune. La série Wombs explore sexualité et contraception hormonale à travers un prisme environnemental, au-delà de la seule perspective humaine. Le projet se dissémine à travers des interventions interconnectées via le bio-art, la performance et la photographie, et met l’accent sur la contraception hormonale et la thérapie. Les stéroïdes sexuels contenus dans les contraceptifs hormonaux agissent sur les organes sexuels humains pour empêcher une grossesse. Pourtant, ces mêmes molécules agissent aussi sur le système endocrinien d’autres organismes. En partant de ce constat, Wombs s’interroge : En quoi le contraceptif progestatif que j’ingère interfère-t-il avec d’autres corps que le mien, d’autres corps non humains ? En s’emparant de cette vulnérabilité, de cette atteinte délétère à l’intégrité corporelle, Wombs incite à repenser les conceptions de la sexualité et de la contraception, comme n’étant qu’une expérience humaine incarnée dans nos seuls corps. »

 W .01 and W. 03 at Art Laboratory Berlin, credit: Tim Deussen.

Margherita Pevere (DE)

est une artiste de renommée internationale, une chercheuse dont la pratique personnelle et viscérale oscille entre bio-art et performances. Sa démarche transdisciplinaire inclut manipulations de laboratoire biologique, biotechnologie, écologie, politique environnementale, recherches sur les problématiques de genre et la mort, et une bonne dose de hacking, afin de créer installations et performances qui interpellent, et se réfèrent à la complexité de l’urgence écologique à laquelle nous faisons face.  Son champ de travail est un jardin luxuriant, croulant sous des bactéries génétiquement manipulées, des cellules extraites de son propre corps, des hormones sexuelles, des mucilages microbiens, du sang bovin, des limaces, des plantes, et des restes biologiques en décomposition. Elle ne serait pas l’artiste et la chercheuse qu’elle est devenue, sans avoir collaboré avec différents praticiens œuvrant dans divers domaines des arts, des sciences, et des sciences humaines. En partenariat avec Marco Donnarumma et Andrea Familari, elle a récemment cofondé le collectif d’artistes Fronte Vacuo qui réalise des performances à partir de corps, de symbiotes, de sons, d’instruments et d’images. Elle achève actuellement un doctorat de recherche artistique sur les arts biologiques et la pensée féministe à l’université d’Aalto, et elle est membre de la Finnish Bioart Society, ainsi que du Posthumanities Hub. Elle a récemment été récompensée d’un prix de l’art numérique au festival de Romaeuropa (tout comme Marco  Donnarumma), d’une mention honorable du Share Prize, et la fondation Kone lui a attribué une bourse pour poursuivre ses recherches. En 2019, elle a été sélectionnée par la plateforme européenne d’arts des médias (EMAP) au sein du programme de résidence EMARE à KONTEJNER | bureau de pratique d’art contemporain.

 

Interview